Le SECO, en collaboration avec l’Etat du Valais et les associations patronales, souhaite réduire la part de chômage saisonnier dans le canton. C’est une louable initiative car effectivement, l’assurance chômage n’est pas là pour suppléer la responsabilité de l’employeur.
Mais il faut veiller à ce que cette volonté ne prétérite pas les travailleuses et les travailleurs ! Or, les mesures qui sont annoncées, à savoir renforcement des recherches d’emploi, entretiens supplémentaires avec le conseiller ORP, privilégier les combinaisons d’activités (hiver/été), de même que la recherche d’emploi hors canton, du fait que selon la loi sur l’assurance chômage on considère qu’un emploi doit être accepté pour autant que le trajet maximum ne dépasse pas deux heures à l’aller et deux heures au retour, ne sont certainement pas au bénéfice du travailleur.
Dans toutes ces mesures, où sont les pressions et les contraintes faites sur les employeurs? Alors qu’au final la situation actuelle faisait bénéficier tout le monde (patrons et ouvriers), la nouvelle supprime «l’avantage» des ouvriers, sans supprimer celui des patrons, qui conservent le loisir de licencier les travailleurs en fonction du travail disponible. Nous assistons donc à une précarisation de l’emploi saisonnier en Valais et tout cela avec le regard complice de l’administration et des associations patronales qui après tout n’ont rien à perdre dans cette nouvelle configuration alors que les travailleurs ont tout à perdre !
Pourquoi ne pas proposer une solution qui créerait un fonds pour les travailleurs saisonniers des régions de montagne, financé par les cotisations de l’assurance chômage et qui permettrait de remédier à cette situation, dont les cantons de montagne sont otages malgré eux ?
Publié le 12 décembre 2016 dans le Nouvelliste sous la rubrique « Libre opinion »