Depuis de nombreuses années, le pouvoir d’achat des travailleuses et des travailleurs subit un recul plus ou moins marqué.
Les coûts de la vie augmentent (nourriture, loyer, assurances maladie, essence, etc…), les salaires stagnent pour la plupart, ou les maigres augmentations arrachées par les négociations syndicales ne couvrent qu’une faible partie de ces augmentations.
Avec la crise sanitaire de ces deux dernières années et les événements qui se produisent en Europe de l’Est, l’augmentation du prix des matières premières frappe de plein fouet notre société. Cela se répercute de manière brutale sur le pouvoir d’achat des ménages.
En effet, cette situation cause des dommages importants sur la vie des ménages et des travailleuses et travailleurs, qui ne peuvent pas compter sur l’accumulation d’une épargne pour parer à un tel mauvais coup, à court ou moyen terme. Et nous le savons toutes et tous, lorsqu’il faut faire un choix dans l’affectation des dépenses, ce sont les besoins en santé, en culture, en « repos » et loisirs qui en font les frais.
C’est un réflexe de survie qui nous ramène au plus bas de la pyramide des besoins, à savoir se nourrir, se loger, se vêtir. Or, ce sont toujours les mêmes personnes qui sont réduites à se préoccuper grandement de cette situation. Ce sont les plus précaires, les personnes les moins formées, celles dont les revenus permettent à peine d’assurer le minimum vital, voire ne le permettent plus.
Ces prochaines années, le monde syndical et le monde politique devront prioriser et prioriseront leur combat sur cette problématique. Il faudra soutenir les ménages, surtout les plus précaires, par des mesures concrètes :
- Instauration d’un salaire minimum obligatoire ;
- Augmentations salariales dans les diverses branches d’activités liées à une CCT ;
- Extension de la couverture des CCT et création de nouvelles CCT, avec minima salariaux, dans les branches qui n’en possèdent pas ;
- Augmentations des rentes AVS et AI et automatisation de l’accès aux prestations complémentaires ;
- Politique de soutien aux prix des denrées essentielles, avec (pourquoi pas) un blocage de
ceux-ci ; - Augmentation des subventions de caisse maladie pour diminuer la pression sur les ménages ;
- Soutien à la politique familiale par l’accès à un prix abordable aux solutions de garde, l’augmentation des allocations familiales et par des mesures en faveur de l’accès gratuit au sport et à la culture via des « chèques culturels » pour les enfants.
Ces propositions ne sont pas exhaustives, mais elles ont le mérite d’agir directement sur le pouvoir d’achat des ménages. Voilà le défi qui nous attend pour demain, pour éviter une paupérisation galopante de la population.
Publié le 25 mars 2022 dans le Peuple.VS sous la rubrique « La Parole aux syndicats »