Au moment où j’écris ces lignes, notre groupe parlementaire n’a pas arrêté sa
décision sur la révision de la fiscalité des entreprises. Toutefois, peu m’importe la décision du groupe, voici mon avis et je n’en changerai point.

Si nous pouvons nous réjouir de quelques points (pas bien nombreux) obtenus dans le cadre de cette réforme, notamment le fait que le canton du Valais conserve le plus haut taux d’imposition de Suisse romande et d’une compensation sociale en faveur des subventions de caisse maladie, le bilan global est plutôt pauvre pour les travailleuses et travailleurs de ce canton.

Les pertes fiscales dues à la reforme s’élèveront à 112.1 millions (71 millions pour le canton et 41.1 millions pour les communes). Le canton devra également supporter, seul, l’entier des « compensations sociales » pour un montant de 20 millions. Le coût total de la réforme sera donc à 132.1 millions de francs
(91 millions pour le canton et 41.1 millions pour les communes) sur les 3 prochaines années.

Il apparaît dès lors que l’entier du fardeau de cette réforme pèsera sur les classes laborieuses du canton. Le projet, en allant trop loin dans les cadeaux faits aux entreprises, va sensiblement prétériter le budget de l’état. Et, ne nous voilons pas la face, si demain les entrées au budget sont moins grandes, les compensations dites sociales ne tiendront pas longtemps la route et seront les premières mesures à sauter, suivies par les budgets des services publics, de la formation, de la culture et du social. Alors que du côté des entreprises, aucun effort ne sera demandé et qu’elles pourront continuer à faire du profit sans participer à la casse engendrée. Notre groupe avait émis quelques propositions pour que les entreprises participent beaucoup plus (du moins à la hauteur du cadeau qui leur est fait) à la mise en place de mesures favorables à tous. En prenant exemple de ce qui a pu se faire dans le Canton de Vaud.

  • Création d’un fonds pour réduire les dommages du chômage saisonnier.
  • Financement des structures d’accueil en faveur de l’enfance.
  • Mise en place d’une assurance perte de gain pour les chômeurs.

Toutes ces propositions ont été, évidemment, balayées par la droite liée aux milieux économiques.
Voilà pourquoi, pour ma part, je rejetterai ce « paquet » fiscal, dont l’essentiel repose sur des cadeaux injustifiés aux entreprises qui n’en demandaient pas tant. Et j’en appelle à mes camarades socialistes d’en faire autant !
En dernier recours, il nous restera l’usage du référendum, car je ne crois pas au revirement des positions des partis bourgeois lors du plénum de mars. Même si nous reviendrons évidemment avec nos propositions pour plus de justice et d’équité !
Nous le devons à nos idéaux, nous le devons aux travailleuses et travailleurs de ce Canton !

Publié le 6 mars 2020 dans le Peuple.VS sous la rubrique « Libre opinion »